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INTERVIEWS > Thierry Anquetil


         

 

Interview réalisée le 14/10/00
par Cédric Vernet
  
Thierry Anquetil fait partie du peloton du blues français. Originaire de Caen, ce chanteur guitariste perpétue avec passion le Chicago Blues dans sa plus pure tradition. Il était le 14 Octobre 2000 programmé lors de la nuit du blues du Train-Théâtre de Portes-Lès-Valence en première partie de John Hammond. C'est après son excellent concert que nous l'avons rencontré.

 
Bluesactu.com : Avant de commencer cette interview, peux-tu nous donner tes impressions sur cette très belle salle du Train-Théâtre ?

Thierry Anquetil : Super impression, super endroit, super accueil ! L'acoustique de la salle est vraiment génial. Le public y était très éclectique, sympathique et humain.

 
Bluesactu.com : Où en est ton projet de deuxième album ?

Thierry Anquetil : Le deuxième album attend des sous. Nous avons fait des demandes de subventions au conseil général de Basse-Normandie qui vont certainement se débloquer. C'est un problème matériel mais on est plein d'espoir. Je suis conscient que tout cela a pris du temps et je m'en excuse auprès du public qui attendait un nouveau disque. De toute façon, ça nous devient vital d'avoir un nouveau produit vraiment pro. Actuellement nous avons un nouveau disque mais il est artisanal. Cela nous permet tout de même de démarcher dans les festivals. Le principal c'est d'être présent et de continuer à être vivant.

 
Bluesactu.com : Le premier album date de 1997 et il comprenait que des compositions personnelles. Est-ce que ça te tente de faire des reprises sur le prochain disque ?
Thierry Anquetil : Oui tout à fait. Je me sens plus interprète dans ma tête que compositeur. Quand on est un bluesman, je pense que la créativité est dans l'improvisation. Le blues, comme le jazz, sont des musiques d'improvisations. C'est là qu'on trouve notre bonheur. Mais je continuerais à faire des compositions bien entendu. J'envisage même de faire des titres en français. C'est une autre démarche, c'est un autre monde. Pour l'instant, je veux rester dans le blues et être un bluesman européen au niveau artistique donc je continue à chanter en anglais.
 
Bluesactu.com : Quel regard porte-tu sur le blues français contemporain ?

Thierry Anquetil : J'ai rencontré Patrick Verbeke au festival de Tullins. Ca s'est très bien passé humainement parlant. Quant je suis rentré sur Caen, j'ai écouté son nouvel album quelques mois plus tard et j'ai pris une claque. Je pense qu'il est vraiment au top. Il ne faut pas oublier que des gens comme Benoît Blue Boy ou Patrick Verbeke sont des pionniers du blues en France. Ils ont tracé la voie et lorsque la brèche était faite on est passé derrière eux. Ils sont la preuve qu'on peut chanter le blues en français et je chanterais moi aussi un jour en français. Mais pas seulement, l'anglais est tout de même une langue universel.
Je suis en fait devenu un défenseur du blues français. Il y a quelques années, je pensais que le blues ne pouvait se chanter qu'en anglais. Mais le débat blues français / blues anglais n'a pas de sens. L'essentiel c'est de le faire avec le cœur.

 

Bluesactu.com : Chanter en français permet peut-être une meilleure communication avec le public ?

Thierry Anquetil : En utilisant la langue française, les français vont bien sûr mieux nous comprendre. Cependant, dans les festivals de blues, je suis persuadé que la moitié du public ne comprend pas l'anglais et pourtant ils sont là et ça leur plaît à mort ! Pourquoi ? Parce que le blues est un état d'esprit avant même d'être une musique, une couleur de peau, une langue. Donc on ressent l'émotion. Tout le monde connaît bien les textes de blues puisque c'est la vie de tous les jours, aussi bien la vie triste que la vie heureuse. Que tu chantes en espagnol, en français ou en chinois le blues est toujours là.

 
Bluesactu.com : Tu as joué deux fois au festival de Tullins. Tu y as rencontré Patrick Verbeke en 2000 et Franck Ash en 1999. Ce dernier nous avais dit en interview qu'il avait gardé un très bon souvenir de sa rencontre bluesical avec toi. Je pense que ça doit être réciproque ?

Thierry Anquetil : Oui tout à fait. Bizarrement avant de venir la première fois à Tullins il y a 2 ans, j'avais fait une  interview sur le magazine BLUES & Co. Lorsqu'ils m'ont demandé quels étaient mes bluesmen français préférés, c'est lui qui m'est venu en tête en premier. Le hasard a fait qu'on s'est retrouvé quelques mois après ensemble sur la même scène à Tullins. J'en ai un super bon souvenir. C'est vraiment quelqu'un de très pro.

 
Bluesactu.com : La presse spécialisée te considère comme un des 4 meilleurs bluesmen français. Qui mettrait-tu dans ton podium de tête ?
Thierry Anquetil : Tu me poses une question qui me touche directement car j'ai toujours exclu d'entrée de jeu l'esprit de compétition et de comparaison dans un domaine artistique. Les podiums c'est bien mais pour le sport. Si on peut dire que quelqu'un est meilleur c'est qui va t'aller droit au cœur. Mais après c'est une question de circonstance. En ce qui me concerne, je peux difficilement faire ce type de classement. On peux tous être numéro un.
 
Bluesactu.com : La question traditionnelle de notre émission : Comment as-tu découvert le blues et as-tu découvert la musique avec le blues ?
Thierry Anquetil : Non, j'ai toujours été fou de musique. Je suis chanteur avant d'être guitariste. J'ai toujours chanté. Le plus loin souvenir que j'ai c'est quand, tout petit, ma mère chantait Tino Rossi et Luis Mariano, et que je chantais derrière elle. A 12 ans, je faisais des imitations de Tino Rossi et de Luis Mariano et je chantais dans les mariages. C'était mes premières idoles. Ensuite, je suis venu tout naturellement à la variété française : Claude François et Eddy Mitchell. Lui, ça commençais à me travailler lorsqu'il s'est mis à faire deux ou trois Rock'n'roll. Je regardais sur les albums, c'était signé Claude Moine et Chuck Berry. Et justement, c'est à l'armée, en 1976, que j'ai eu la grande révélation. Je suis allé voir Chuck Berry au stadium municipal de Toulouse. J'ai pris une claque quand il a fait un blues. J'avais jamais entendu de blues de ma vie ! J'ai eu une main géante grand comme le stadium municipal qui m'est tombée dessus et j'étais enterré six pieds sous terre.
Si tu veux, la première fois que j'ai entendu un blues, ça m'a claquer la tête parce que ça correspondait vraiment à ce que j'avais toujours en moi, à mon feeling. J'ai trouvé la musique qui correspondait à mon état d'esprit et là j'ai foncé.
 
Bluesactu.com : Qu'est ce que le blues t'as apporté de plus beau dans la vie ?
Thierry Anquetil : A l'époque je ne jouais pas d'instrument. Le fait de s'intéresser au blues m'a poussé à en apprendre un. Lorsque je suis rentré de l'armée, fin 1979 à 22 ans, j'ai acheté ma première guitare. J'ai fait mon premier concert en Septembre 1980 alors que j'avais six mois de guitare !
 
Bluesactu.com : Comment s'est passé ton été musical ?
Thierry Anquetil : L'été s'est très bien passé. On a fait pas mal de choses dont Tullins évidemment avec en première partie Popa Chubby. C'est toujours un plaisir de venir au festival de Tullins. L'ambiance, l'accueil, c'est super sympa pour tous les artistes qui vont là-bas. 
On passé une bonne saison en général même si on a pas été débordé par les évènements. On fera mieux l'année prochaine. 
 
 
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