LE SITE DE L'ACTUALITE DU BLUES

   
INTERVIEWS > Alain Michel

Interview réalisée le 17/04/99
par Cédric Vernet

  
             
Originaire de Valence (26), « Les Colporteurs » est un groupe composé de Alain MICHEL (Voix, Harmonica), Pierre-Jean MOURGUES (Guitare, Dobro) et Stéphane CARDRON (Basse, Chœurs, percussions pédestres). Nous recevions Alain MICHEL en direct le 17 Avril 1999 pour la présentation de leur 2ème album « Quand J'ai trop le Blues » . Quelques extraits de cette interview ont été publiés dans BLUES MAGAZINE n°13.

 
Bluesactu.com : Comment sont nés « Les Colporteurs » ?

Alain Michel : J'appartenais à un autre groupe qui s'appelait Ménage à Trois. On a tourné 4 ans ensemble. Il s'est installé une petite forme de lassitude. On a alors fait une grande fête pour clôturer cette expérience où étaient présents Benoît Blue Boy, Patrick Verbeke et d'autres.
Avec Pierre-Jean Mourgues, de Ménage à Trois, on a alors formé Les Colporteurs.

 
Bluesactu.com : Votre nouvel album vient de sortir, comment est-ce que tu définirais l'esprit de celui-ci ?

Alain Michel : C'est le même esprit que ce qu'on fait sur scène : fidélité aux racines associée à un peu de personnalisation et de modernité.

 
Bluesactu.com : Les Colporteurs, c'était au départ un duo. Pourquoi être passé en trio ?

Alain Michel : J'avais envie de quelque chose qui soit un peu plus soutenu, de faire un spectacle plus complet sans tomber dans une grosse formation. On a donc accueilli Stéphane Cardron qui joue de la basse et ce qu'on appelle des percussions pédestres. C'est ce qui fait que l'on a parfois l'impression d'entendre un batteur derrière nous. C'est assez amusant sur scène.

 
Bluesactu.com : Quels ont été vos parcours respectifs avant Les Colporteurs ?

Alain Michel : Pierre-Jean jouait de la guitare dans un groupe qui s'appelait les " Belles Bêtes Underground " (référence au Velvet), qui jouait du Lou  Reed. On se croisait de temps en temps au hasard des chemins. En 88, on m'a proposé de jouer dans les boîtes du coin.
J'ai alors monté un groupe dans l'urgence. On reprenait des standards du Blues. C'était une horreur mais à l'époque les gens ne connaissait pas tellement le blues donc ça leur paraissait très bien.
On a ensuite monté une première version d'un groupe qui s'appelait Lucky Seven avec Pierre-Jean. Vers 1990, on s'est réellement mis à travailler ensemble, avec l'envie de monter une formation acoustique. Peu de temps après, on a créé Ménage à Trois avec Etienne Roche (qui dirige aujourd'hui Le Grotorkestre) puis Doctor Mo' qui l'a rapidement remplacé. On a tourné ensemble 4 ans. Cela marchait très bien. Parallèlement à Ménage à Trois qui était plutôt acoustique, on a conservé Lucky Seven avec Pierre-Jean, Doctor Mo' et un bassiste. En 94, on a arrêté Ménage à trois pour partir sur l'histoire des Colporteurs.

 

Bluesactu.com : Comment est-ce que tu définirais la musique des Colporteurs ?

Alain Michel : Nous sommes très enracinés dans le Blues des années 30-40. C'était un Blues qui été assez libre, pas systématiquement bâti sur la structure du Blues actuel.
On essaye de le jouer aussi bien que possible quand on le copie ce qui est très difficile. Dans nos compositions on y inclut diverses influences. Sur scène, ça nous arrive de partir dans des improvisations délirantes en y intégrant des thèmes de jazz, de funk et même de rap ! Il ne faut pas être borné. Le Blues n'est pas une musique figée.

 
Bluesactu.com : Quelles sont vos influences respectives ?

Alain Michel : Elles sont très multiples. Si tu me demandes de citer deux personnes que j'ai énormément écouté quand j'étais jeune, je te répondrais Jim Morrison et Léo Férré. Dans le Blues j'adore Taj Mahal qu'il soit seul en acoustique ou en groupe, Sonny Terry et Brownie McGhee (comme tous les harmonicistes !), mais aussi Howlin' Wolf, Muddy Waters, Little Walter, Charlie Patton, etc.
Pierre-Jean Mourgues est, quant à lui, fan de Lou Reed et des Rolling Stones. C'est aussi celui du groupe qui écoute le plus de Blues traditionnel.
Stéphane Cardron a lui longtemps joué dans un trio qui faisait du Stevie Ray Vaughan. Comme tous les bassistes, il a été très marqué par Jaco Pastorius. Il a beaucoup de cultures différentes en fait.

 
Bluesactu.com : Comment  a été enregistré cet album ?
Alain Michel : Avec des bouts de ficelle !
Il a été enregistré chez moi avec du petit matériel. Une partie a été enregistrée en analogique sur un 8-pistes pour essayer d'avoir un son un peu chaud. C'était un peu du bricolage !
 
Bluesactu.com : Le Blues ne semble plus être aujourd'hui la musique ethnique de ses débuts. Qu'est ce que le Blues pour toi et est-ce que ça existe encore ?
Alain Michel : Pour moi, il n'en existe plus beaucoup alors qu'il n'en a jamais autant existé. Je pense que tous les gens qui baignent dans cette musique intensément se pose la même question. Pourtant le Blues est partout, dans le rap, le rock'n roll, la funk music et même le reggae qui n'est rien d'autre qu'une extension du Rhythm'N Blues et du Zydeco !
 
Bluesactu.com : T'intéresses-tu à la nouvelle génération de Bluesmen ?
Alain Michel : Oui mais je ne suis pas un passionné. J'écoute, en fait, peu de musique. Je suis toute la journée avec ma guitare et mon harmo.
Il m'arrive d'entendre de vraies bonnes choses. Ce que je reproche un peu c'est que cela est souvent trop standardisé, trop " Blues FM ".
 
Bluesactu.com : L'album contient six compositions sur 10 titres. Comment se fait l'écriture des chansons ?
Alain Michel : C'est assez bizarre, une idée, un bout de phrase et c'est parti. Je compose plutôt à la guitare et ce n'est pas un instrument dans lequel j'excelle. Je trouve un riff et un mot qui va avec. Si j'ai ces deux éléments je fais la suite ou alors j'oublie et ça me revient quelques années plus tard. Certains morceaux sur le disque ont du être commencé à écrire il y a 5 ans !
 
Bluesactu.com : Et en ce qui concerne les reprises ?
Alain Michel : On a pris des titres qu'on joue sur scène, que l'on aime bien jouer et qui passent bien avec le public. On ne s'est pas trop engueulé pour choisir les titres. Le choix paraissait évident. Il y a cependant pleins d'autres chansons que j'aimerais mettre sur disque.
 
Bluesactu.com : Quels sont vos projets ?
Alain Michel : Vendre des millions de disques et rencontrer Ophélie Winter (rires). Non, je plaisante ! On va faire quelques dates. On part notamment avec Andy J. Forest cet été pour des festivals. L'essentiel c'est de jouer, toujours  jouer.
 
 
  RECHERCHE

Sur ce site

  Sur amazon.fr    

Recherche :
  


Mots clés :
   

En partenariat avec amazon.fr