
Biographie
Inouï !
Enfin révélé au monde….
Patrick Verbeke ne serait pas le Diable mais
seulement un Bluesman fait de chair et de passion !
Envoyé spécial : Francis Rateau
On
apprend de source peu évidente que Patrick Verbeke n’aurait pas passé un
pacte avec le Malin, et que c’est son talent, rien que son talent, peut-être
aussi sa passion, qui sont à la source de son oeuvre. Après une longue
enquête et quelques interrogatoires musclés, nous sommes en mesure
d’affirmer que ce Monsieur Blues est un sacré personnage…
Le disque qui déclencha l’affaire :
‘Capturé Live’ (Dixiefrog) : Un simple disque en hommage à
trente années de carrière, étape dans le parcours varié de ce héraut des
musiques bleutées made in France… Bel objet double dans lequel Patrick Verbeke se livre tel qu’il est, c’est-à-dire entier ! Cet opus rassemble les
échos magnifiés d’un concert enregistré au Méridien à Paris en janvier 2004,
en compagnie de son gang de choc (Claude Langlois, Pascal Mikaelian, Slim
Batteux, Laurent Cokelaere, Manu Millot) et quelques invités (dont sa femme
Karina, et son fils Steve, et Denys Lable Basile Leroux). Aux côtés de ce
concert, il y a aussi de très excitants témoignages d’anthologie, des
extraits de l’émission que Verbeke fit plusieurs années durant sur Europe 1,
‘De Quoi J’Vais M’Plaindre’, avec entre autres Luther Allison, Candye Kane
ou Sue Foley…Un vrai régal et une superbe plongée dans les passions de
Patrick Verbeke : les traditionnels et standards de blues, sa propre
écriture en compositions, et les rencontres radiophoniques. Un disque à
placer en haut de la pile !
Monsieur Blues
Sacré bonhomme que Patrick Verbeke ! On l’oublie parfois mais ce
grand gaillard passionné, à la jovialité parfois teintée de mélancolie,
simple et chaleureux, a marqué l’histoire difficile et passionnante d’un
genre à la source de presque tous les musiques, le blues, en le faisant,
discrètement, franchir presque en fraude, la frontière, pourtant bien
gardée, de notre pays ancré dans d’autres traditions. C’est arrivé chez
nous, à la maison, soudain, il y a longtemps déjà, sans qu’on y prenne
garde, marqué du sceau français. Et c’est resté…
Pionnier respecté, artiste sans fard ni paillette, et guerrier aventureux,
ce type n’est pourtant pas une icône, loin de là, plutôt une sorte de
référence adoubée d’une belle stature de bûcheron humble et ardu qui a
abattu un travail monumental et écrit de belles pages d’un livre dont on
vénèrera depuis longtemps l’utilité.
Verbeke a toujours été un boulimique et a plongé ses doigts dans tous les
expériences, comme un gosse enthousiaste, presque naïf, mais avec la force
d’une juvénile passion, évidemment parfois déçu, mais rebondissant, tout le
temps volontaire et hardi, prêt pour l’aventure, les rencontres, les
challenges, les échanges. Les rencontres ! Voilà certainement le moteur de
sa démarche, le carburant de son énergie, ce qui le motive dans les
aventures et ses découvertes, lui offrent son lot d’échanges, le nourrit de
ses passions, et qui bousculent tout dans sa vie. Ce besoin vital le mènera
aussi à la source, en Louisiane ou en Acadie. C’est aussi un rêveur, rêveur
des sons et d’écriture, qui vit le blues dans son cœur comme dans sa vie,
entre réussites et déboires, joies et peines, passage initiatique s’il en
est besoin et on le sait bien, parfois douloureusement utile pour jouer
cette musique.
Garder le Blues Toujours Actif et Vivant
C’est l’histoire d’un mec qui n’a jamais pu s’empêcher de foncer dans les
challenges et expériences qui passaient à sa hauteur, au fil de ses
rencontres multiples ou de ses rêves.
Patrick Verbeke entreprend tout ce qui peut servir la cause du blues.
Musicien avant tout, qui a joué avec tout le monde, ou presque, qui a su
provoquer les rencontres et les faire fructifier dans des réalisations, des
disques, des concerts (jusqu’à récemment encore au travers du projet ‘Autour
du Blues’). Musicien complet dont il semble qu’il fut indispensable et vital
de composer te d’écrire le blues dans sa langue maternelle, le français,
simplement pour livrer ses émotions plus aisément et qu’on les comprenne.
Jouer, chanter, mais pas seulement dans les profondeurs aseptisés d’un
studio, aussi et surtout sur les planches, les scènes, sources d’existence,
car il écume les bars, les grandes salles, les festivals, et même les écoles
avec son exposition itinérante (depuis 90) qui retrace l’histoire du blues,
en chansons, et ses concerts destinés au jeune public, œuvre de pédagogie
qui mérite d’être salué, voire récompensée. Œuvre qui s’est poursuivie par
un conte musical pour les tout-petits ‘Willie & Louise’ duquel Patrick
Verbeke a tiré un album ! Talent de showman, de musicien, de compositeur,
talent de narrateur, de conteur, de pédagogue, et talent d’écrivain avec en
94 une biographie d’Eric Clapton, ‘Un gentleman guitariste’…
De la composition à la scène, de l’écriture à la production, un pas que
Patrick Verbeke franchit encore avec la création d’un label indépendant,
Magic Blues, et quelques disques à son actif (Hexagones Blues, Karim Albert
Kook, Steve Verbeke,etc…).
Mais ce qui l’a certainement le plus marqué, c’est l’émission de radio ‘De
Quoi J’Vais M’Plaindre’ qui a duré quelques années sur un réseau national.
Ce fut à l’évidence l’un des plus grands plaisirs de Verbeke, qui l’a
évidemment bâti sur le mode des rencontres, invitant tout artiste passant à
porter de micro. Il en reste de fabuleux enregistrements qui devront, sans
nul doute, faire le fruit d’un bel album, un jour… Cette envie d’échanges,
il l’a encore poussée vers une autre voie, la télévision, d’abord en animant
l’émission ‘La 5ème Rencontre’ (tiens, tiens) sur la 5ème chaîne, puis en se
lançant ‘Blues TV’ sur Canal Web. Nouveau défi peut-être à venir, une
émission blues sur le Web.
Mais les tenailles d’un système qui le dépasse parfois ont meurtri notre
Chevalier du Blues Moderne en précipitant parfois ses œuvres dans les
difficultés ne permettant pas d’aboutir, ou de maintenir à flot les beaux
bâtiments ainsi montés. Il en fut ainsi de la radio (viré pour cause de
formatage commercial, radio privée oblige) et Magic Blues, comme tout label
indépendant en ces années de crise du disque, a du mal à survivre. Il
n’empêche, le plus francophone des bluesmen français, canal historique,
garde son regard rivé vers l’avenir et cogite déjà à d’autres combats pour
garder le blues vivant.
Où l’on revient au déclic du début, à Alan Jack…
S’il doit y avoir une genèse, ce serait à coup sûr la rencontre
de Patrick Verbeke avec celui qui doit être considéré comme le véritable
pionnier du blues en France, même s’il chantait en anglais ! Alan Jack
illumina la scène montante de l’hexagone blues et, de sa ferme studio
communautaire en Touraine, vit défiler tout le gotha rock de l’époque. Il
devint presque, sans le chercher (pas son truc) une sorte de gourou du blues
naissant. Patrick Verbeke fut parmi ceux qui furent influencés par cet alien
qui traversa la vie comme une fusée pour la quitter en 95. |