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LES
INTERVIEWS DU
BLUES CAFE |
T & MASSON
Interview
réalisée le 05/12/05 dans l'émission Blues Café sur Couleurs FM
par Cédric Vernet et Francis Rateau
C’était
le mystère le plus complet ! Le Team (c’est le ‘T’) avait sorti un drôle
d’opus en mai 2004, assez confidentiel et qui était resté dans un certain
anonymat pour cause de label défaillant. Cet album sans titre, avec
sobrement noté le nom ‘T & Masson’ en belles lettrines oranges sur un fond
crème, sans aucune autre explication, dévoilait pourtant d’envoûtantes
saveurs de blues, choquées par des technologies actuelles, une musique
voluptueuse et instinctive. Un bel objet venu d’ailleurs et dont il fallait
bien un jour qu’on en connut l’origine. Qui était donc cet étonnant Masson
de T&Masson ?
Janvier 2006, le doute n’est plus permis et le voile se déchire, laissant
percevoir quelques aspects d’un homme nommé Jean-Cyril Masson, basé à
Besançon, sorcier des manettes, passionné de rencontres, jouisseur de sons,
à l’esprit ouvert, assoiffé de découvertes, tel un gamin avide de jeux
nouveaux ! Ce surprenant artiste de l’ombre, d’une grande discrétion, a
pourtant déjà collaboré avec Benabar, Les Infidèles, Nomads, Nazaré Pereira,
trempé son ardeur créatrice dans le projet Isula (un étonnant mixe de voix
corses), abusé de l’électro world dans un double album affolant de tendances
orientales et nommé ‘Confessions’, et pour finir plongé sans vergogne et
avec un talent époustouflant dans un ‘Smoke The Blues’ enfumé de notes
bleutées.
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Cet album ‘Smoke My Blues’ est fait avec de véritables
instruments mais en même temps il y a des samplers et des sons assez
difficiles à définir. C’est du blues ou de l’électronique ? |
Cela fait des années que je joue du blues. J’adore en
jouer avec des amis et j’avais envie de mélanger ça avec des choses
plus électroniques. Comme je travaille avec l’informatique, j’ai
commencé à chercher en bidouillant. C’est le fruit du hasard. C’est en
même temps un son que j’avais envie de faire depuis quelques années.
Et l’album s’est fait très vite. C’est le travail de nos machines et
j’en possède de formidables. Mon grand plaisir c’est d’inviter des
amis à jouer dessus. On passe les bandes et allons-y,
amusons-nous…J’aime bien travailler ainsi. C’est le côté instantané de
la musique. On ne réfléchit pas trop, on se laisse aller, et après
c’est toujours la surprise. Alors je deviens le grand ordonnateur et
je m’amuse à couper des sons, à traiter tout ça, à la grande surprise
des amis.
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Et les voix sur cet album, comment cela s’est-il
passé ? |
Il y a encore beaucoup de samples qui viennent de voix
d’artistes de blues, et puis bien sûr des amis que j’ai invités sur ce
disque, dont un musicien américain que j’ai rencontré par hasard et
avec qui je prépare plein de nouveaux titres pour le CD suivant
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Le plus important pour JC Masson, c’est surtout la
mécanique du son que tu essaies de mettre en œuvre au travers de
différents styles de musique, ou bien malgré tout le blues et le
jazz ? |
J’aime beaucoup de choses. La musique orientale
m’intéresse et m’électrise. Les voix corses, c’était une grande
histoire, encore une rencontre. Mais je reviens toujours au blues,
l’émotion…Le prochain album sera encore à dominante de blues, mais par
contre un peu plus jazz, avec d’autres gens aussi, notamment un
trompettiste avec qui je prépare des morceaux. Tout cela va se
modeler. Ce qui m’amuse en fait, c’est de faire de la musique en live.
J’adore l’énergie que cela dégage. J’aime bien mettre mon énergie au
service d’autres gens aussi, comme accompagnateur parce qu’on apprend
plein de trucs, on fait des expériences, dans des genres différents…
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Tout compte fait, ce nom ‘T & Masson’, ce n’est qu’un
terme générique qui revêt à chaque expérience un groupe des musiciens
nés d’une rencontre ? |
Oui c’est vrai ! J’adore avant tout les rencontres et
j’aime que cela débouche sur des projets musicaux. Le thème alors de
la musique importe moins, finalement, que le travail des sons en
commun. A chaque album une rencontre différente. C’est souvent
ça la musique, le jeu des rencontres
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Et les musiciens de ce ‘Smoke My Blues’ ? |
Il y a mon ami Jean Rigo, chanteur, guitariste,
ex-membre des Infidèles, avec lequel j’ai fait deux albums et partagé
de belles expériences. Jean est un fan de blues et c’est peut-être lui
qui m’a donné envie de faire un disque d’électro blues.
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Comment cela se passe en concert lorsqu’on utilise des
machines et autres samplers ? |
Très bonne
question et grande difficulté à y répondre (rires)…On joue en
trio ou à quatre, et avec Fred Maisier au ‘studio drummer’ qui
travaille avec des loop. Chacun a un sampler et moi je déclenche des
sons d’accord et d’effets, et on essaie de restituer le son de l’album
bien que cela reste plus électrique sur scène. On envoie bien entendu
plus d’énergie sur scène.
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Quel a été l’accueil du public blues et celui du public
électro ? |
Alors c’est
très bizarre ! Évidemment cela surprend les fans purs et durs de
blues. Ils sont un peu rebutés au début, accrochent doucement puis
deviennent curieux et puis réceptifs. Au bout du compte ils disent que
cela change ! C’est vrai qu’on glisse toujours deux ou trois bons
standards au milieu pour les rassurer !!! Pareil pour le public
électro. C’est l’histoire de la musique que de mélanger tradition et
modernité. Il y a eu l’électricité et la guitare est devenue
électrique. Et bien maintenant on se sert de l’informatique et ce que
j’aime bien avec l’informatique, et cela va faire bondir certains,
c’est tout ce que cela permet comme techniques en plus…c’est
merveilleux !
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Cet album ressort donc sur un nouveau label ? |
Oui. Il y
aura un remix et cela sort en effet sur un nouveau label, Faiwood, qui
est aussi éditeur de musique. En France ça sera distribué par Coadex.
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